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L’année 2021 a été bonne pour le secteur du chauffage même si quelques occasions ont été manquées.

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3 février 2022 Temps de lecture 20 minutes

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L’ATTB, l’association belge des producteurs et importateurs de solutions à haut rendement énergétique pour un climat intérieur confortable et de l’eau chaude sanitaire, peut se targuer d’une année 2021 prospère en dépit de la pandémie sous-jacente. Les problèmes d’approvisionnement en pièces et en appareils ont entraîné un quatrième trimestre plus faible.

Le secteur a demandé à l’autorité compétente de tenir compte des objectifs énergétiques du récent sommet climatique de Glasgow et de définir des mesures qui permettront de réduire suffisamment les émissions de CO2 au prix le plus bas possible pour la société. Les consommateurs doivent être mieux informés sur toutes les technologies énergiquement efficaces existant sur le marché, qui devraient être plus stimulées et subventionnées vu l’explosion des prix de l’énergie.

L’année 2021 a de nouveau été une année très mouvementée avec des hauts et des bas. Durant les mois d’été, le retour à la liberté semblait à portée de main, mais, au final, nous nous sommes retrouvés dans une situation presque similaire à 2020,  tout près du confinement. Dans ces temps d’incertitude, le secteur du chauffage s’est étonnamment bien comporté.

Un pic des ventes pendant les 9 premiers mois et un profond creux à l’automne

Après les chiffres de ventes relativement bons de 2020, l’année 2021 a été très bonne. Les trois premiers trimestres ont en effet été excellents avec une hausse, toutes chaudières confondues, de pas moins de 24 % par rapport à 2020 et même un  gain par rapport à l’excellente année 2019. Durant le dernier trimestre, une diminution soudaine a été provoquée par les pénuries dans la chaîne d’approvisionnement. En conséquence, le résultat est finalement resté à + 14 %.

La vente de pompes à chaleur (notamment air-eau) a augmenté de 11 % pour atteindre 17 000 unités, mais, par rapport aux 245 000 chaudières vendues, cette technique n’occupe encore qu’une petite part du marché. Et cela devrait continuer à être le cas tant que les pompes à chaleur sont utilisées presque exclusivement dans les nouvelles constructions et les rénovations énergétiques majeures.

Une des explications de ces bons chiffres est probablement la pandémie en cours. De nombreuses personnes investissent de moins en moins dans les vacances, les voyages et les dîners et plus dans leur habitation. Une autre hypothèse est que l’explosion des prix de l’énergie incite bon nombre d’entre eux à faire installer des systèmes de chauffage efficaces.

La tendance la plus remarquable est la forte augmentation du nombre de chaudières à mazout vendues. En Flandre, c’est sans doute un effet non souhaité du fameux « Décret mazout » (interdisant à terme les chaudières à mazout). L’ATTB pense que beaucoup de personnes ont remplacé plus tôt leur chaudière à mazout pour avoir 20 ans devant elles. Ce n’était pas réellement l’objectif du décret et c’est évidemment contre-productif en termes de réduction des émissions de CO2. Le secteur du chauffage demande une concertation avec le gouvernement sur une réglementation plus efficace avant l’élimination progressive des chaudières à gaz, pour que cette mésaventure ne se répète pas.

Les mesures gouvernementales bien intentionnées sont parfois contre-productives

Les plans et accords fédéraux et régionaux sur le climat et l’énergie ne sont pas tous concrets, mais ils vont dans la bonne direction. La manière dont ils seront réalisés est moins claire.

En Flandre, l’obligation de rénovation est notamment un signe positif. Depuis le 1er janvier 2022, cette obligation s’applique aux bâtiments non résidentiels ; après le 1er janvier 2023, les acheteurs de logements énergivores devront rendre leur logement plus efficace énergétiquement dans les cinq ans. Le secteur du chauffage applaudit de telles mesures d’économie d’énergie, mais trouve qu’il s’agit en même temps d’une occasion manquée. Les autorités devraient encore plus stimuler l’exécution plus rapide de ces rénovations, sans favoriser certaines technologies et en défavoriser d’autres.

Le décret sur le mazout était en soi une bonne décision, il est compréhensible que le mazout soit progressivement éliminé. Mais à court terme, cela s’est avéré contre-productif (voir ci-dessus). La question qui se pose également est de savoir si à moyen et long terme, ce décret apportera bien une contribution substantielle. En Wallonie, il sera encore possible de se chauffer au mazout pendant longtemps.

Pour le marché des nouvelles constructions, représentant pas moins de 10 à 15 % de tous les appareils de chauffage, le gouvernement a bien fait son travail. Nous voyons une évolution positive de E100 via E60 vers E30 et même la neutralité énergétique. Mais il n’existe toujours pas de véritable politique dans le domaine beaucoup plus important des rénovations. L’ATTB veut réfléchir avec les autorités compétentes aux mesures les plus efficaces à prendre.

Les autorités veulent l’électrification pure et simple de nos systèmes de chauffage alors que pour des raisons techniques ou économiques dans certains cas, il est bien utile de réfléchir plus largement. L’ATTB estime que toutes les technologies doivent être traitées de la même manière.

L’ATTB possède une solution adaptée pour chaque bâtiment existant. Et il est important d’avoir une communication à propos de ces solutions.

Parfois, il faut simplement changer une chaudière, parfois il s’agit d’une rénovation énergétique majeure, généralement le travail de l’installateur de chauffage se trouve quelque part entre les deux. Mais pour chaque bâtiment et pour chaque situation, il y a bien une solution efficace au niveau énergétique.

Dans les nouvelles constructions et les rénovations énergétiques importantes, tous les systèmes de chauffage sont envisageables. Mais les gains les plus importants en matière de réduction de CO2 s’obtiennent dans les « rénovations ordinaires », le « marché du remplacement » comme nous l’appelons dans le secteur. La part du marché qu’ils représentent est de 65 à 70 %. Le rythme de remplacement des anciennes chaudières à mazout devrait absolument être accéléré. Les autorités doivent rendre les investissements en matière d’efficacité énergétique beaucoup plus attractifs. Un soutien beaucoup plus important est nécessaire. Les solutions techniques abordables doivent être rendues connues plus rapidement et mieux, il faut plus de communication à ce propos, elles doivent être stimulées et subventionnées. Cela offrirait de nombreuses opportunités pour le secteur belge du chauffage.

Les technologies sont disponibles, ce n’est pas le problème. Qu’il s’agisse de l’énergie solaire, du gaz, du tout électrique ou de l’hybride, avec une pompe à chaleur…peu importe. Ce qui est important, c’est que nous continuions à donner la priorité au confort dans nos bâtiments.

Il faudrait accorder bien plus d’attention aux possibilités offertes par l’hybride (au sens d’une combinaison fossile + pompe à chaleur) sur le marché du remplacement. Cela pourrait être très important pour convaincre le consommateur des possibilités d’une pompe à chaleur. Il est facile d’installer une pompe à chaleur à côté d’une chaudière existante et de faire fonctionner le système de manière hybride. Ainsi, les gens pourraient apprendre à connaître une nouvelle technologie telle que les pompes à chaleur.

Un système hybride offre aussi aux personnes soucieuses de l’énergie la possibilité de participer à la transition énergétique et climatique. Car quand leur système tourne sur la pompe à chaleur, dans l’entre-saison par exemple, ils ne rejettent presque pas de CO2.

L’intérêt pour les chauffe-eau solaires reprend vigueur

Bien qu’il s’agisse d’une application d’énergie renouvelable particulièrement efficace, l’énergie solaire thermique (chauffe-eau solaire) est à la peine depuis quelques années et il n’en a pas été autrement en 2021. Cette année a montré que certaines menaces avaient mal été évaluées auparavant.

Le solaire photovoltaïque n’a pas non plus connu de bons résultats pendant une grande partie de l’année dernière, en partie à cause de l’incertitude entourant le compteur inversé, et le secteur thermique n’a pourtant pas pu en profiter.

Les problèmes se trouvent donc ailleurs. Tout d’abord, cela est probablement dû au fait que les prix du gaz et du mazout sont trop bas depuis de nombreuses années. Quand les prix ont commencé à énormément augmenter à l’automne, le nombre de demandes de chauffe-eau solaires a soudainement augmenté. Les ventes doivent encore suivre.

Le secteur souligne que l’énergie solaire thermique est une technologie très mûre, très au point, avec des appareils d’une qualité supérieure garantie.

Tant pour les nouveaux bâtiments que pour ceux qui veulent remplacer une chaudière existante, un chauffe-eau solaire ou un chauffe-eau thermodynamique est certainement un choix à envisager. C’est également un bon investissement en termes de prix, de subventions et de réduction de C02. Si chacun apporte sa pierre à l’édifice, cela fera une grande différence à long terme.

Un regard vers l’avenir

À court terme, il est très important que les gens aient de nouveau confiance dans les nouvelles technologies. À cet effet, ils doivent tout d’abord être beaucoup mieux informés sur le sujet. L’information circule beaucoup de nouveau, mais peut-être encore plus la désinformation sur Internet. Et même les installateurs osent parfois se contredire. C’est une occasion unique pour les pouvoirs publics de communiquer plus activement et plus correctement sur toutes les solutions de chauffage disponibles. Et pour encourager les gens à ne pas choisir automatiquement un remplacement à l’identique, ils devraient plutôt choisir quelque chose à l’épreuve du futur, comme une solution hybride. De cette manière, ils donneraient déjà le bon exemple.

Un nouveau défi pour le secteur dans un proche avenir est le tarif de capacité. Nous devrons apprendre à répartir notre consommation d’électricité pour éviter les pics. La technologie pour le faire existe déjà : le smart heating veillera à ce que la pompe à chaleur ne s’allume pas en même temps que la machine à laver ou la cuisinière. Cela se fera dans un avenir très proche : les systèmes de chauffage pourront être contrôlés intelligemment, qu’ils soient électriques, hydrauliques ou autres.

Un tarif d’électricité spécial pour les pompes à chaleur pourrait aider les pompes à chaleur à faire une percée définitive. Cela existe déjà dans quelques autres pays. Si cela ne se produit pas, nous risquons que moins de personnes choisissent une pompe à chaleur. Et un tarif spécial de ce type est possible maintenant grâce au compteur numérique. C’est un des avantages.

Un large mix énergétique est possible

Outre les solutions « tout électrique », l’industrie du chauffage voit d’autres possibilités intéressantes de transition énergétique à plus long terme. De nombreuses communes travaillent déjà ensemble sur des plans de zonage thermique et étudient la faisabilité des réseaux de chaleur. L’utilisation de la chaleur résiduelle et à l’avenir, du biogaz, du méthane ou de l’hydrogène peut également faire partie du mix énergétique. Dans ces domaines également, les membres de l’ATTB ont déjà acquis l’expertise nécessaire grâce à des cas d’essai à petite et grande échelle et la technologie est disponible.

Le secteur du chauffage est prêt

Notre pays doit encore faire de grands progrès dans les prochaines années pour rendre les systèmes de chauffage de nos maisons plus faibles en carbone et plus durables. Surtout dans les bâtiments existants. L’efficacité énergétique doit s’améliorer considérablement, la part des énergies renouvelables doit augmenter de manière significative…L’ATTB et ses membres sont prêts et ont toutes les solutions pour toutes les situations. Cela peut paraître surprenant pour certains, mais le secteur du chauffage est également favorable à la réduction des émissions de CO2. Mais il faut que les solutions restent abordables pour tous.

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Jonathan Huppez

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